Résumé du projet

Créé pour une édition pilote en 2021, le festival Petits bonheurs – rendez-vous culturel dédié aux enfants de 0 à 6 ans et à leur famille – a pour mission de promouvoir et rendre accessible la culture pour la petite enfance en proposant des expériences artistiques variées et professionnelles – spectacles multidisciplinaires (théâtre, danse, arts visuels), ateliers d’éveil aux arts et activités familiales – directement dans la communauté. Nous sommes très fiers d’avoir réalisé le premier festival Petits bonheurs en région, hors des grands centres.

Pour la première année, notre objectif était de tracer un portrait des ressources artistiques, partenaires financiers et milieux d’intervention relatifs à la petite enfance à travers tout le territoire des Îles-de-la-Madeleine et de programmer une série d’activités sur trois semaines. Cette première étape de travail eu une réponse inattendue. Ce sont près de 1 700 spectateurs qui ont assisté à 62 activités déployées dans 20 lieux à travers les îles pendant tout un mois.  Suite à une réponse plus que positive du milieu, une 2e et 3e édition ont été créées. Rassembleur, mobilisateur et familial, le festival prend vie dans divers lieux : CPE, écoles, organismes à vocation familiale et salles de spectacles établies.

Petits bonheurs Îles-de-la-Madeleine fait partie du RÉSEAU Petits Bonheurs, reconnu pour son expertise professionnelle en culture pour les tout-petits. Le Vieux Treuil est maintenant membre du Conseil Administratif du Réseau Petits bonheurs.

Selon Au Vieux Treuil, L’INGRÉDIENT SECRET pour une recette de « Limonade » réussie est :

Avoir fait confiance à la mobilisation de tout un réseau de partenaires !

Diagnostic avant la réalisation du projet

Superficie du territoire desservi : Îles-de-la-Madeleine, 5 îles sur 85 km de long, 5 à 15 km de large.
Nombre de municipalités : 2 (Îles-de-la-Madeleine et Grosse-Île)
Population : 12 500 habitants
Réseau scolaire : 2 CSS, 6 écoles primaires (700 élèves) et 1 école secondaire (450 élèves).
Petite enfance : 2 CPE (45 et 120 enfants). 22 Garderies en milieu familial.

Quel était l’état de votre programmation jeunesse ? (nombre de représentations par année)

  • Petite-enfance : 0 ou 1 spectacle dédié à la petite enfance.
  • Primaire, secondaire : Entre 6 et 10 projets scolaires par année, la majorité avec des ateliers en amont.

Quel était l’état de la fréquentation de vos spectacles ?

Pour les spectacles jeunes publics, nous avons une bonne collaboration avec le Centre de services scolaire des Îles et les projets scolaires sont bien menés et appréciés.
Les projets familiaux sont un peu plus difficiles à développer.

Quels étaient vos défis principaux en matière de programmation jeunes publics ?

Les particularités de notre territoire insulaire constituent le plus grand défi (transports, hébergement, annulations fréquentes).
Ensuite vient la difficulté à faire connaitre nos activités auprès des familles et à les attirer dans nos salles.

Quelle était la qualité de vos relations avec votre réseau scolaire ?

Excellente. Nous avons développé des partenariats à plusieurs niveaux et nous avons trouvé une façon efficace de fonctionner au fil des années (partage des tâches, médiation culturelle, communication avec les enseignants). Le réseau scolaire facilite par la bande le développement d’une programmation familiale accrue (hors écoles).

Quelle était la qualité de vos relations avec votre milieu économique ?

Nous avons un nombre limité de partenaires fidèles et impliqués. Il y aurait encore du travail à faire pour impliquer quelques entreprises.

Quelle était la qualité de vos relations avec votre milieu politique ?

Relativement bonnes. Nos députés et notre maire sont sollicités régulièrement pour différents dossiers et reconnaissent bien notre importance dans le milieu.

Stratégies de développement

En lien avec le projet Opération Limonade, quelle a été votre stratégie de développement jeunes publics ?

Nous avons appliqué la vision de Limonade a notre souhait de créer un festival Petits bonheurs aux Iles. Avec pour valeurs principales l’accessibilité, la décentralisation et la démocratisation des arts et de la culture, la principale stratégie a été de créer le lien entre le culturel et le social et de mobiliser les acteurs du milieu qui travaillent déjà avec les familles.

Une autre stratégie a été de regrouper les artistes locaux et de stimuler la création autour de la petite enfance. Une des actions a été d’organiser une formation professionnelle. La majorité de notre programmation est assurée par les artistes des Îles qui se greffent aux compagnies invitées pour le festival. Travailler avec des artistes locaux crée un sentiment d’appartenance pour le public et crée aussi des possibilités d’emplois et de professionnalisation tout au long de l’année.

Avez-vous réalisé un plan d’action visant à sensibiliser et mobiliser davantage les acteurs scolaires, économiques et politiques de votre milieu?

Avec l’aide du Réseau Petits bonheurs, de rencontres avec tous les festivals du réseau et de l’observation durant 1 an (prérequis pour être membre du Réseau Petits bonheurs), nous avons pu saisir les étapes de développement et bâtir un « Plan d’affaire » et argumentaire pour rencontrer les futurs partenaires. Notre cartographie des partenaires locaux (premier devoir en lien avec Limonade) a enclenché une bonne réflexion sur le travail accompli et celui qui restait à faire. Nous recommandons cet exercice de cartographie à tous les diffuseurs !

Avec la chargée de projet, Dominique Leroux, elle-même artiste oeuvrant en petite enfance et auprès du Réseau Petits bonheurs, nous avons eu accès aux Centres de la petite enfance et avons rencontré les acteurs communautaires principaux : Maison de la famille L’Embellie, organismes en lien avec les mères et les parents (allaitement), Développement social et Groupe persévérance scolaire, Entraide communautaire, Loisirs, culture et vie communautaire à la Municipalité, etc. La mission du Réseau Petits bonheurs a une résonnance directe avec les objectifs des organismes communautaires et des Municipalités.

Réalisation du projet

Quelles ont été vos réalisations concrètes ?

Le premier Petits bonheurs Îles-de-la-Madeleine a eu lieu en 2021. Nous débutons actuellement la direction artistique de la 4e édition (2024).

2021
1700 participants.
12 activités (62 représentations) + 1 exposition. 20 lieux de diffusion sur 5 îles.
Budget de 48 700 $, dont 1 200 $ provenant du Vieux Treuil.
Principaux bailleurs de fonds : Programme de soutien aux projets structurants (pour première édition), Municipalité, CSSI, PSPS Arrimage, commandites, etc.

2022
850 participants.
15 activités (30 représentations) + 1 exposition. 20 lieux de diffusion sur 5 îles

2023
1050 participants.
14 activités (50 représentations) + 1 expo. 14 lieux de diffusion sur 5 îles.

Aviez-vous des partenaires associés à vos projets ?

Nous avons réuni une trentaine de partenaires du milieu autour du projet : entreprises, organismes communautaires, élus, écoles et équipes municipales, autant pour un appui financier que pour des échanges de services. Le principal partenaire est la Municipalité et ensuite, le Centre de services scolaire des Îles et le Développement social (via le Groupe persévérance scolaire).

Quelles sont les grandes lignes de la gestion de l’enveloppe financière ?

Depuis le début, l’aide d’Opération Limonade a servi comme coussin de sécurité pour embaucher la chargée de projet et directrice artistique Dominique Leroux et ainsi assurer la première édition et les suivantes ; le travail étant fait en amont plusieurs mois d’avance alors que les partenaires ne sont pas confirmés.

Bilan

Avez-vous réussi à augmenter votre nombre de représentations jeunes publics et l’achalandage aux spectacles ?

Notre travail s’est articulé principalement autour de la petite enfance, créant une « image de marque » locale facilement reconnaissable, qui sera mise en valeur non seulement durant le festival mais pour certains événements à l’année. Nous avons donc substantiellement augmenté notre volume d’activités pour la petite enfance et varié notre offre multidisciplinaire et nos lieux d’actions.

Avez-vous réussi à pérenniser certains de vos projets ?

Le festival et le Vieux treuil souhaitent définitivement pérenniser le projet. La fragilité du financement des organismes communautaires, municipaux et scolaires fera varier les éditions d’année en année. Malgré les fluctuations du financement, nous trouvons important de maintenir le lien avec les organismes communautaires, les Centres de la petite enfance et les familles. Depuis 3 ans, Petits bonheurs nous a bien démontré la pertinence d’un tel projet pour la communauté et nous avons l’intention de développer des actions artistiques tout au long de l’année.

Quelles sont les retombées socio-économiques de vos projets sur votre communauté ?

Nous avons créé des liens importants avec la Municipalité et développé un réseau de nouveaux partenaires. Nous pensons que cela aura des répercussions sur plusieurs de nos liens et projets futurs. Les retombées économiques directes sont plus difficiles à évaluer. Pour nous, la mission est toutefois plus grande que le retour financier. Nous sommes heureux d’avoir réussi à stimuler la curiosité et sensibiliser sur l’importance de l’art pour la petite enfance au niveau social et communautaire en créant des occasions de rencontre autour des thématiques artistiques et culturelles.

Vos relations avec votre milieu scolaire, économique et politique se sont-elles transformées ?

La Municipalité et les acteurs du milieu social nous reconnaissent de plus en plus comme un partenaire incontournable. Nos réseaux de diffusion et le Réseau Petits bonheurs reconnaissent également l’audace de l’initiative : le premier festival Petits Bonheurs en région hors des grands centres ! Le milieu scolaire exprime explicitement que l’offre à la petite enfance foisonne depuis quelques années. Plusieurs partenaires commerciaux s’impliquent directement en soulignant l’importance de la pérennité de Petits bonheurs.

Avez-vous tenté des actions qui n’ont malheureusement pas fonctionné ?

En programmant pour un endroit comme les Îles (en pleine pandémie), on tente constamment des actions qui ne fonctionnent pas, ou qui sont appelées à être substantiellement modifiées. Nous ne retenons pas d’exemple majeur, mais une quantité phénoménale de petites tentatives qui ont échoué ! Ce qui compte est le résultat final et nous en sommes fiers !

À noter qu’un grand défi lorsque nous offrons des activités gratuites ou à faibles coûts est le risque d’absences spontanées ou même l’annulation de certaines activités faute d’inscriptions. Nous persévérons également à offrir des activités dans les extrémités des Îles, qui sont malheureusement moins populaires. Nous sommes confrontés à chaque année à la grande activité commerciale et familiale qu’est la pêche ainsi qu’à des activités de fin d’années qui mobilisent les artistes et les enfants durant cette période.

Nous avons aussi, grâce au partenaire Naître et grandir et la Fondation Lucie et André Chagnon, la chance de pouvoir offrir des billets de spectacles gratuits pour les familles dans le besoin. Malgré un travail acharné des organismes (appel ciblé aux familles), nous n’arrivons pas encore à distribuer nos billets. C’est aussi un défi de travailler avec les organismes communautaires qui ont, eux aussi, leurs enjeux financiers, leur instabilité post-pandémie et leur problème de main-d’œuvre.

Si c’était à refaire, quels éléments de vos démarches modifieriez-vous pour en augmenter l’efficacité ?

Nous aurions promis la pérennité dès le départ à l’ensemble de nos partenaires ainsi qu’à notre directrice artistique. Lentement mais sûrement, nous nous sommes commis clairement, mais il y a fallu graduellement convaincre tout le monde, y compris notre propre équipe. Comme prochaine étape, nous aimerions répondre encore plus aux besoins des organismes communautaires et des familles en distribuant un sondage et en organisant une grande rencontre avec tous les intervenants du milieu.

Nouvelles perspectives

Vos démarches vous ont-elles ouvert sur de nouvelles idées de développement jeunes publics ?

L’approche de mobilisation des partenaires pourrait s’appliquer à une foule d’autres projets potentiels qui nous sont chers. Nous aimerions, entre autres, développer un tel réseau (cartographie) pour la diffusion jeune public au sens plus large.

Retour en haut